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jeudi 11 octobre 2007 par Michèle Gilkinet
Edito d’octobre

Non, non rien n’a changé. Tout, tout va continuer. Hé, hé ...

 

Cela ne fait aucun doute, l’écologie est dans l’air du temps ... du temps publicitaire. A tout bout de champ, les chantres de la machine à produire du PIB nous en chantent les vertus. Consommons, consommons donc, c’est pour la bonne cause. Cette nouvelle voiture ? Il vous la faut pour être plus écologique. Ce nouveau sèche linge ? Il est moins énergétivore. En l’achetant maintenant vous contribuerez à la protection de l’environnement. Ce nouveau yogourt ..., super son emballage est plus écologique... Que tout cela finisse par organiser le re-bond écologique (1) ce n’est pas leur problème. Nos chers publicitaires sont là pour placer sans état d’âmes le produit qui leur est confié sur le marché. « A vielle mule, frein doré » comme dit le proverbe (2)

Si les publicitaires se sont mis à nous servir de plus en plus d’écologie de consommation, côté politique, c’est plutôt à l’autruche que l’on continue de jouer.

Chez nous, le futur gouvernement n’arrive que péniblement à sortir des limbes. Au moment où j’écris ces lignes, soit au 126ème jour des élections, les participants aux négociations espèrent aboutir à un accord en novembre. Traiteront-ils de l’Ecologie ? Organiseront-ils les réformes nécessaires pour faire face aux changements climatiques ou au pic du pétrole notamment ? Rien n’est moins sûr. Jusqu’ici, j’ai beau mettre mes lunettes et chercher partout, je n’ai pas entendu, pas vu, pas lu une seule ligne qui permette d’espérer une prise en compte si minime soit-elle des défis devant lesquels nous nous trouvons tous. Ceux-ci n’existent pas, même pas dans les déclarations. L’objectif déclaré est de d’abord sauver la Belgique pour ... continuer à faire tourner la machine à consommer comme on l’a toujours fait jusqu’ici. En France aussi Sarkozy montre la voie, sa voie. En pleine grenelle de l’environnement, il vient d’annoncer son plan pour relancer ... la croissance française.

Côté local, le cap est également à l’immobilisme. L’appel d’ASPO Belgique n’a rencontré aucun succès. Pas une seule ville, pas une seule commune belge ne semble se préparer au pic du pétrole alors que paradoxalement plusieurs villes américaines et anglaises ont décidé de s’y mettre (3) .

Aujourd’hui donc, après le pacte Hulot, après le film d’Al Gore, la préoccupation environnementale nous est servie comme plat de résistance de la croissance économique. On nous sert de l’environnement à toutes les sauces ... sauf écologique. Notre intelligence, c’est au service de la croissance qu’on nous demande de la mettre. Pas au service d’une innovation à même de produire mieux et moins plutôt que mieux et toujours plus. L’empreinte écologique apparaît comme remisée au fond d’un tiroir. Ce n’est pas demain la veille qu’en Belgique le discours d’Evo Morales sera entendu (4).

Bah, soyons heureux. Il n’y a pas péril en la demeure. Le dollar reste faible et le pétrole, c’est en pétrodollars qu’on en évalue le prix. Le prix du baril s’envole ? Pas grave vous dis-je. La force de l’Euro nous permet d’en absorber le coût. L’Agence Internationale de l’Energie prédit un marché pétrolier au bord de la pénurie d’ici 2012 ? Pas grave. D’ici là nous aurons bien un gouvernement et en attendant nous pouvons profiter d’un début automne particulièrement doux ...

Quoique ?

Michèle Gilkinet, présidente.


notes :

(1) Voir : "Son nom est bond, re-bond" sur : http://www.info-durable.be/durable.cgi?id_types=6&id_teksten=2974&taal=_fr

(2) = on pare une vielle bête pour mieux la vendre.

(3) Voir : http://www.aspo.be/links.html

(4) Voir : http://grappebelgique.be/article.php3?id_article=527