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mardi 26 février 2013 par Pierre Stein
Edito de mars 2013

Entre nuisances technologiques et priorité à la santé, il ne peut être question de compromis !

 

HELLO, chéri,

je suis bien arrivée à Kennedy. Tout va bien.
C’est formidable, grâce à notre GSM nous pouvons nous parler distants de plus de 6.000 km. Merveilleux…

Oui, c’est vrai, c’est merveilleux les technologies de télécommunication aujourd’hui.
Par exemple, dans certains cas, pouvoir appeler du secours c’est bien indispensable … et rassurant.
La voiture de ma femme est sortie de la route en un lieu perdu de la campagne.
Ma femme est blessée. A moyen de son GSM, elle peut appeler des secours et aussi me prévenir.
Ou bien, la voiture de ma fille est en panne le soir au bord d’une petite route isolée de campagne. Ma fille peut non seulement me prévenir de l’incident via son GSM, mais aussi appeler un dépanneur.
Moins grave et plus banal, je dois prendre mon fils à la gare car son train est très en retard et il n’a plus de bus. Grâce à son GSM, il peut m’en informer au moment voulu.
D’autres situations, dramatiques ou non, pourraient être racontées.
Il faut cependant le signaler, la plupart du temps le GSM ne sert qu’à parloter et à émettre des propos futiles, hélas très souvent sans le moindre égard pour l’entourage.

Soit, prenons donc en compte le besoin réel de télécommunication et son utilité.

Il y a toutefois un HIC inéluctable.

Les technologies de télécommunication sans fil appliquées actuellement, via des antennes, nous soumettent en permanence à des champs électromagnétiques artificiels en ondes pulsées de types et fréquences variés.
Ces CEM se superposent aux champs électriques et magnétiques naturels auxquels nous sommes soumis quotidiennement. Ces champs naturels, par exemple émis par la lumière ou par la Terre, ont des caractéristiques très différentes des champs artificiels générés pour les activités humaines, et la vie sur notre planète en a tiré profit et s’y est adaptée au cours de milliers d’années.

De plus en plus d’études scientifiques (1) démontrent que les CEM artificiels, à cause de leurs fréquences, peuvent perturber fortement la communication cellulaire et le métabolisme, altérer l’autorégulation et provoquer des effets biologiques néfastes sur la barrière hémato-encéphalique, l’activité des ondes cérébrales, la libération des neurotransmetteurs et des hormones, le système immunitaire, le matériel génétique, pour ne nommer que quelques-uns des exemples bien établis.
Les enfants et les adolescents sont les plus vulnérables : après la leucémie, les tumeurs cérébrales sont le deuxième cancer le plus fréquent.
Ces micro-ondes pulsées mettent de toute évidence notre santé en danger.

Alors, je ne peux accepter ce qu’un parlementaire d’Ecolo, Ronny Balcaen pour ne pas le nommer, a déclaré dernièrement " Il y a un équilibre à trouver entre la préoccupation sanitaire - et je suis content que Bruxelles soit en pointe sur ce point - et effectivement une demande des entreprises et des particuliers de pouvoir disposer de la 4G " (La Libre Belgique - 31.01.2013).

Ce propos est tout simplement scandaleux, il n’y a pas d’équilibre à trouver : la santé et la vie même doivent absolument être prioritaire et la demande des entreprises et la prétendue demande des particuliers doivent être écartées.

La Ministre de l’Environnement de la Région de Bruxelles-Capitale, l’Ecolo Evelyne Huytebroeck, va dans le même sens en mettant sur la table son compromis pour permettre le développement de la 4G (on ne touche pas à la norme 3V/m, mais le réseau 4G sera comptabilisé à part), faisant passer ainsi les intérêts commerciaux avant la santé publique.

Sur base des dernières études recensées (1), il faudrait que la valeur d’intensité soit comprise entre 0,3 et 0,6 nW/cm², niveau raisonnable de précaution pour une exposition chronique aux ondes de radiofréquences pulsées.
C’est donc beaucoup plus faible que les normes actuellement en vigueur en Belgique (et ailleurs).

Conscient des risques sanitaires auxquels l’ensemble de la population est exposée, GRAPPE prend l’initiative, avec le soutien de l’asbl TESLABEL, d’adresser deux lettres ouvertes (2) : - l’une aux organisations syndicales les invitant à demander aux élus et pouvoirs publics, aux autorités médicales, aux employeurs et aux travailleurs syndiqués d’agir en vue de limiter au maximum l’exposition croissante et permanente des travailleurs à des champs électromagnétiques à micro-ondes pulsées dans leur cadre professionnel et sur leur lieu de travail ;
- l’autre aux professionnels du secteur médical et paramédical les appelant à souscrire à notre appel pour une application beaucoup plus stricte du principe de précaution et des recommandations reprises dans le dernier rapport "BioInitiative".

Georges Trussart, membre du Bureau élargi du GRAPPE

(1) Rapport 2012 BioInitiative en anglais : www.bioinitiative.org
Résumé pour le public et conclusions en français : sur le site du GRAPPE

(2) Les deux lettres sont lisibles sur le site du GRAPPE