Accueil
dimanche 4 janvier 2009 par Michèle Gilkinet
Edito de janvier

Reprendre nos vies : choisir l’émancipation plutôt que la durabilité

 

Au moment où nous nous sentons tous piégés dans un monde désespérant, il peut paraître osé de proposer de choisir l’émancipation contre la durabilité. L’heure en effet semble toute dévolue au Développement Durable à ce concept « glouton » capable de contenir tout et son contraire dans le but avoué de poursuivre la ligne de force actuelle de la croissance économique livrée à la main invisible du marché.

Mais l’heure est aussi à celle des vœux pour l’an neuf – comme elle l’est à n’en pas douter au constat que le monde dans lequel nous vivons est devenu insupportable. Dans le lexique des media comme dans celui des leaders politiques d’ailleurs si un mot a repris vigueur en 2008 c’est bien celui de changement.

Changer oui mais vers quoi ? A n’en pas douter ce thème occupera largement 2009 et dès lors l’espace de la pensée s’ouvrira sur de nouveaux horizons. A chacun de nous de l’alimenter comme l’ont fait les Objecteurs de Croissance québécois à travers le manifeste pour une décroissance conviviale que vous trouverez ici

http://www.grappebelgique.be/spip.php?article997

Ce manifeste nous propose les premières partitions d’un projet de vie émancipateur basé sur l’autonomie et la convivialité. Il ouvre la voie du raisonnable et nous renvoie à une petite chose essentielle : notre capacité à choisir la main visible du faire et du don en lieu et place de la main invisible du marché. Bref à choisir l’émancipation plutôt que la soumission à une durabilité totalement hypothéquée par la course à la croissance.

A cet égard et pour vous permettre de pousser votre réflexion, il n’est sans doute pas inutile de vous proposer de découvrir le livre de Romain Felli, les deux âmes de l’écologie , une critique du Développement Durable (1). Ce livre nous rappelle à l’encontre d’une idée bien ancrée et défendue au sein même des partis écologistes que le Développement Durable n’est pas l’expression la plus avancée de l’Ecologie Politique mais bien plutôt un succédané visant à préserver le système actuel.

Ceci étonnera et sans doute en énervera plus d’un, notamment parmi les militants des partis écologistes, qui à peine entrés en Développement Durable se voient rappeler à plus de fondements. N’y voyez là aucune volonté de ma part mais la simple conséquence d’une réflexion nécessaire.

Bonne année riche en découverte.

Michèle Gilkinet,


(1) Pour en savoir plus, voir :

http://www.grappebelgique.be/spip.php?article988





1 Message