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jeudi 11 décembre 2008
Ceci est un article externe qui ne reflète pas la position officielle du GRAPPE

Moins de biens, plus de liens.

Voir aussi: Lien vers Couleur Livres
 

Le livre d’ Emeline De Bouver vient de paraître chez Couleur Livres. Son titre complet :

Moins de biens, plus de liens. La simplicité volontaire : un nouvel engagement social

120 pages. 12 euros

ISBN : 978-2-87003-499-6

Préface de Christian ARNSPERGER

La simplicité volontaire est un mouvement qui prolonge aujourd’hui la conscience écologique née dans les années septante. Elle propose à chacun d’évoluer de façon consciente vers une existence matérielle simplifiée et désencombrée.

Cet ouvrage caractérise ce mouvement qui, devenu incontournable aux Etats-Unis et au Québec, émerge actuellement en Europe.

Il l’envisage sous ces trois approches que sont le temps, le travail et l’implication politique.

S’appuyant sur les écrits d’interlocuteurs-clés, l’ouvrage laisse également une grande place aux témoignages recueillis au sein du mouvement
belge de la simplicité volontaire.

À l’époque où la (sur)consommation ambiante en vient à menacer notre santé et notre manière d´être au monde, il est grand temps de nous interroger sur de nouvelles formes de solidarité.

Cet ouvrage esquisse une des pistes possibles, parmi les plus engageantes, pour réenchanter l´avenir.

Couleur Livres

● Rue Lebeau, 4, 6000 Charleroi

● Tél et fax : 071 / 32.63.22

● Courriel : presse@couleurlivres.be

● Site : www.couleurlivres.be


Note de lecture de Bernard Legros :

DE BOUVER Emeline, Moins de biens, plus de liens. La simplicité volontaire, un nouvel engagement social, Couleur Livres, 2008.

Certains mémoires d’université ont la chance de connaître une destinée éditoriale, comme celui d’Emeline de Bouver, fraîchement diplômée de l’UCL. Avec une grande clarté d’idées, de style et de structure, la jeune auteure propose ce qu’on peut voir comme le premier guide de la simplicité volontaire en Belgique. Adhérant elle-même à ce mouvement, elle évite néanmoins d’en faire une lourde propagande, préférant brosser un tableau d’ensemble des principes éthiques et philosophiques qui animent les « simplicitaires », ainsi que des modes de vie qu’ils adoptent en rupture avec le productivisme et le consumérisme ambiants, mais sans en dissimuler les difficultés et les paradoxes.

Venue du Québec et des États-Unis, la simplicité volontaire fait son nid chez nous depuis 2005, grâce à l’impulsion de deux membres des Amis de la Terre, Dominique Masset et Ezio Gandin. Actuellement, plusieurs groupes existent en Wallonie et à Bruxelles. Emeline a soumis plusieurs simplicitaires au jeu de l’entrevue sociologique afin de recueillir leurs impressions sur le vif, qu’elle a reliées ensuite à des considérations théoriques. La simplicité volontaire naît du désir individuel de changer sa vie dans un sens plus responsable envers l’humanité et la nature. « Moins de biens, plus de liens » est le slogan qui la résume. La démarche philosophique postule l’interdépendance de toutes choses dans l’univers — le sentiment de reliance — et s’inspire, entre autres, de Ghandi, Henry D. Thoreau, Ivan Illich, André Gorz, Dominique Meda, Juliet Schor, Mary Grigsby et Serge Mongeau. D’individuelle, elle peut devenir collective et déboucher sur l’action politique. Les deux champs sur lesquels les simplicitaires se concentrent sont le temps — qu’ils veulent récupérer à leur profit plutôt que de le donner à la machine économique — et le travail, dont ils veulent diminuer l’emprise sur leur existence.

À l’inverse du président français, ils prônent le « consommer moins pour travailler moins » et font d’une pierre deux coups, car, en consommant moins, l’empreinte écologique diminue aussi d’autant. La simplicité volontaire est en rapport plus ou moins étroit avec d’autres mouvements : avant tout l’objection de croissance, mais aussi le « développement durable » (quoiqu’on en pense), l’altermondialisme, le minimalisme, les créatifs culturels et même l’écologie radicale. Christian Arnsperger, professeur d’éthique économique et sociale à l’UCL et directeur de mémoire de l’auteure, signe la préface. Il voit dans la simplicité volontaire les prémisses d’un changement social de grande ampleur : « […] l’avenir de notre bien et de nos liens, l’avenir de notre rêve d’un monde apaisé et serein, passe (très) probablement par la simplicité volontaire. » (p. 7)

Bernard Legros