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dimanche 5 mars 2006 par Georges Trussart
Ceci est un article externe qui ne reflète pas la position officielle du GRAPPE

Comment ne plus être progressiste sans devenir réactionnaire ?

 

Livre de Jean-Paul Besset, rédacteur en chef au Monde Editions Fayard 14.09.2005

Jean-Paul Besset, rédacteur en chef au Monde pendant dix ans, est journaliste. Homme de gauche, thuriféraire du progrès et de la science qui devaient conduire aux lendemains qui chantent, mais aussi lucide, il s’est métamorphosé peu à peu depuis les années nonante en écologiste convaincu.

Ce livre, très bien écrit, dresse le constat accablant des dégradations qui détruisent la vie sur la planète Terre et des graves périls qui menacent de la faire disparaître.
Un de plus, direz-vous. Mais celui-ci est particulièrement exhaustif et bien argumenté. Le livre fourmille d’exemples et de références. La société humaine s’autodétruit, c’est une évidence.

Mais cette évidence est loin d’être perçue par suffisamment de personnes pour être aujourd’hui prise en compte dans le comportement quotidien. Mieux, bon nombre de celles qui en sont conscientes font l’autruche, notamment dans le milieu politique (gauche et droite, c’est leur mort politique qu’il faut hâter, comme celle de toute force réactionnaire, dit l’auteur).

Si on dessine un tableau et que dans les colonnes on inscrit les différents agents destructeurs, on remarque que tous leurs effets pourraient peut-être être fortement atténués, si pas annihilés, grâce à une mutation profonde et sans délai de la société humaine, sur les plans politique, social et économique. Sauf un, pour lequel on ne voit pas d’issue à l’échelle du siècle, c’est la surpopulation mondiale. Six milliards et demi aujourd’hui, neuf milliards en 2050 !

Même dans une société planétaire basée sur l’a-croissance, certains estiment que trois milliards d’individus marqueraient une empreinte écologique tout au plus acceptable.

Bref, il faut avaler une forte dose d’optimisme mêlée d’espoir (au moins 1000 K en homéopathie...) pour ne pas se laisser aller au découragement.

Aujourd’hui, ce n’est plus le moment de se contenter de penser en spectateur averti, il faut agir... avec discernement.

Georges Trussart