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samedi 1er mars 2008 par Michèle Gilkinet
Edito de mars

Petits sursauts deviendront grands

 

Depuis quelques semaines, nous assistons tout doucement à quelques minis sursauts dans le débat démocratique. La nécessité de changer de cap semble de plus en plus reconnue même par des organismes généralement conservateurs comme l’ONU ou encore l’Unesco. Koïchiro Matsuura, son directeur général, ne vient-il pas d’affirmer dans une analyse récente ? « Pour cesser d’être les parasites de la Terre, nous devons accepter de signer un nouveau traité de paix avec la nature. Nous avions le contrat social, qui liait les hommes, il nous faut maintenant nous lier à la nature. »

Malheureusement nous devons constater que si ce débat commence tout doucement à percoler dans la sphère civile, il n’atteint pas le niveau des décideurs politiques. Chez, nous, le gouvernement fédéral, obnubilé par la crise politique qui l’occupe tout entier, en a même oublié de penser au développement durable que tous les partis prétendent pourtant chérir. Dans le budget qui vient d’être décidé pour 2008, il n’y a, à ma connaissance, pas une ligne pour avancer vers un monde plus vivable, chose qu’étonnement même Ecolo n’a pas relevé. Alors vous pensez bien que toutes les propositions, simples à réaliser, que le Grappe a émises au moment des dernières élections (1) ont tout simplement volé à la poubelle. Il nous faudra donc non seulement remettre le couvert en 2009 mais encore amplifier notre action.

2009 sera probablement l’année de toutes les élections. Les accords actuels qui ont demandé tant de sueurs à nos édiles politiques semblent tellement fragiles qu’il y a fort à parier qu’à côté des élections européennes et régionales, inscrites depuis longtemps au calendrier électoral, des élections fédérales seront organisées. La crise ou plutôt la succession des crises actuelles semble d’ailleurs gérée dans cette optique.

Pour nous le défi sera immense : exister dans un débat électoral n’est jamais simple, exister dans un débat électoral qui s’empêtre dans des crises communautaires est déjà plus compliqué. Mais exister dans ces conditions et en voulant montrer pourquoi il faut changer de cap et comment on peut le faire, relève d’un véritable défi ! Faut-il que nous soyons convaincus de sa nécessité pour oser nous y attaquer !

Je ne reviendrai pas ici sur notre conviction. Ceux qui fréquentent régulièrement notre site, et ils sont nombreux, les connaissent bien. J’indiquerai simplement à nos nouveaux visiteurs qu’ils peuvent, s’ils le souhaitent, se référer à notre « Appel pour une politique de la responsabilité, l’horloge écologique n’accepte plus de tergiversation » (2) pour en savoir plus. Les faits sont là et montrent à quel point c’est avec détermination que nous devons nous engager dans la transformation de la société pour sortir enfin de la spirale production-consommation-emploi et de la logique de la croissance infinie qui nous mènent avec tous les autres peuples de la terre droit dans le mur.

Ainsi que nous le révèle Christophe Schoune, journaliste du journal Le Soir, même le bureau fédéral du plan commence timidement à en parler (3). Citant Nadine Gouzée, économiste pilote du nouveau rapport fédéral sur le développement durable, il reprend ses paroles : « De nombreuses tendances actuelles sont insoutenables dans la durée parce qu’elles ont des impacts négatifs pour les êtres humains, l’environnement et l’économie. Pour éviter de rencontrer dans le futur des problèmes insolubles et des coûts impossibles à couvrir, des mesures doivent être prises dès maintenant... »

Dès maintenant ... et pourtant pas un mot dans le budget 2008. C’est dire l’ampleur du défi. La politique de l’autruche a décidément bonne presse chez nous.

Il nous faudra donc fameusement retrousser nos manches pour que les petits sursauts auxquels nous assistons deviennent les leviers d’une politique de transformation. Ce que nous allons faire avec vous si vous le souhaitez. Si vous désirez participer à nos réflexions et préparer d’arrache-pied avec nous ce moment historique de 2009, n’hésitez pas à nous rejoindre lors des différentes rencontres que nous organisons ou à nous contacter. Une seule adresse : info@grappebelgique.be

Michèle Gilkinet, présidente


Notes :

(1) Pour les 10 propositions du Grappe, voir

http://grappebelgique.be/article.php3?id_article=410

(2) Cet appel date de janvier 2007. C’est dire si nous travaillons sur la durée. Il est disponible à cette adresse :

http://www.grappebelgique.be/article.php3?id_article=280

(3) Voir : "Comment révolutionner la vie des Belges d’ici 2050" sur :

http://blogs.lesoir.be/empreinte-eco/2008/02/19/comment-revolutionner-la-vie-des-belges-d%e2%80%99ici-a-2050/