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mercredi 4 juillet 2007 par Georges Trussart
Edito de juillet

Lectures de vacances

 

Pour ceux qui auront la possibilité de lire un peu plus pendant leurs congés, voici quelques livres dont je recommande la lecture. Ils ont tous l’économie pour thème général. S’ils sont d’un intérêt inégal, ils apportent ensemble un soutien certain à notre réflexion sur la croissance, la richesse, la monnaie, la publicité et surtout la renaissance du local.

1. ‘’Les 10 plus gros mensonges sur l’économie’’

Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq
Editions Danglès - 01/2007 - 260 p - ISBN 978.2.7033.0695.5

Pour les auteurs, tant que le citoyen ne reprendra pas le pouvoir sur
l’économie, il en restera l’esclave. Et pour reprendre le pouvoir, il doit se libérer des idées toutes faites, des fausses croyances et de la manipulation généralisée.
Parmi celles-ci : ‘’l’Etat crée l’argent’’, ‘’l’Institution publique ne peut pas le faire, ça coûte trop cher’’, ‘’la dette publique appauvrit la Nation, il faut absolument la rembourser’’, ‘’toute production doit être rentable’’, ‘’la croissance dynamise l’emploi et la lutte contre l’inflation le sauvegarde’’, ‘’la baisse des prix défend le pouvoir d’achat’’, ‘’on vivrait mieux s’il y avait moins d’impôts’’, ‘’la mondialisation crée de la prospérité pour tous les peuples’’.
A la lecture de ce livre, on se rend compte à quel point on est conditionné pour accepter que ce monde fictif dans lequel on vit est de toute évidence la réalité.

Si vous n’avez le loisir que de lire un seul livre, lisez d’abord celui-ci.

2. ‘’ On achète bien les cerveaux. La publicité et les médias’

Marie Bénilde
Ed. Raisons d’Agir - 01/2007 - 155 p. - ISBN 978.2.912107.31.2

Si vous n’êtes pas encore persuadé que la publicité est un moteur important dans la consommation et est créatrice de pulsions consuméristes, vous le serez sans aucun doute après avoir lu ce livre qui livre une excellente analyse sur son omniprésence et la façon dont elle façonne nos besoins.
Ce livre montre aussi combien la presse est soumise aux exigences des annonceurs. Il met en évidence combien la publicité alimente la course au productivisme et est un rouage essentiel de l’ordre économique. Il montre aussi combien ces agences de ‘’communication’’ et leurs conseillers ont un réel pouvoir financier et politique.
Cette lecture ne peut que conforter dans la volonté de restreindre, sinon d’interdire, la publicité commerciale et politique dans les médias du secteur public au moins et de la réglementer plus sévèrement dans les autres secteurs.

3. ‘’Comment les riches détruisent la planète’’

Hervé Kempf
Ed.du Seuil - janvier 2007 - 150 p.- ISBN 978-2-02-089632-0

Si rien ne bouge, alors que nous entrons dans une crise écologique d’une gravité historique, c’est parce que les puissants de ce monde le veulent. C’est ce constat que l’auteur va s’efforcer de justifier dans ce livre.
Qui sont ces puissants ? La planète est aujourd’hui gouvernée par une oligarchie qui accumule revenus, patrimoine et pouvoir avec une avidité dont on n’avait pas eu d’exemple depuis les ‘’barons voleurs’’ américains de la fin du XIXe siècle.
Qui composent cette hiérarchie ? Les milliardaires, les patrons des grandes entreprises, les rentiers et les spéculateurs, les agents de la finance (banquiers...). Le nombre de milliardaires dans le monde a crû de 140 en 1985 à 793 en 2005 et à ce moment, ils ‘’pesaient’’ 260 milliards de $, soit la dette extérieure réunie des PVD.
Cette classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, ne portant aucun projet, animée d’aucun idéal, bloque tout changement profond qui pourrait remettre en question ses privilèges.
Mais cette oligarchie ne constitue qu’une très minime portion de la population mondiale et ses comportements, tout aussi extravagants et démesurés qu’ils soient, n’ont probablement que peu d’incidence, direz-vous.
Pourquoi, dès lors, dit l’auteur, les caractéristiques actuelles de la classe dirigeante mondiale sont-elles le facteur essentiel de la crise écologique ?
Parce qu’elle s’oppose aux changements radicaux qu’il faudrait mener pour empêcher l’aggravation de la situation.
Comment ?
Indirectement par le statut de sa consommation générale, en poussant les autres à l’imiter. Directement, par le contrôle du pouvoir économique et politique, qui lui permet de maintenir cette inégalité.
A la fin de ces pages bien informées, reste posée la question du comment récupérer ce pouvoir et réaliser une transformation dans l’équité.

4. ‘’Les nouvelles géographies du capitalisme. Comprendre et maîtriser les délocalisations’’

Olivier Bouba-Olga
Ed. du Seuil - avril 2006 - 240 p. - ISBN 2.02.082743.3

L’auteur, comme d’autres économistes, a cherché le coupable idéal des délocalisations. Pour lui, il ne s’agit pas des bas salaires dans différents pays, des avantages acquis ou d’une fiscalité exagérée ou d’autres éléments conjoncturels, mais bien d’un processus général de réorganisation des activités économiques à l’échelle mondiale. Dans ce cadre les ‘’déménagements’’ d’entreprises vers les PVD pèsent peu. Le point de vue de l’auteur est que ce processus soumet tous les acteurs à un triple dictature : des coûts, financière, des compétences.
La conséquence en est une création de richesse et d’emplois, mais aussi un creusement des inégalités au profit des détenteurs du capital financier et patrimonial.
Si la vision de l’auteur est intéressante, elle reste à courte vue car, en ne sortant pas du système économique dominant, il ne propose pour sortir de cette situation que la nécessité de réformes institutionnelles et de nouvelles régulations.

5. ‘’La vie rurale, enjeu écologique et de société.

Propositions
Altermondialitses.
François Plassard
Ed. Yves Michel - juin 2004 - 144 p. - ISBN 2-913492-22-3

Comment éviter que le libre échange mondial transforme l’agriculture en promoteur du plus vaste programme de création de réfugiés sur notre Planète ? Et comment éviter que la pauvreté ne devienne misère ?
C’est à ce double défi que veut répondre l’auteur en nous invitant dans le monde des nombreuses expériences et alternatives capables de répondre à la situation actuelle en voie de désastre.
Pour l’auteur, ces expériences et alternatives ouvrent la voie à une économie plurielle et solidaire, respectueuse de la vie et font la part belle à la vie associative : slow-food, éco-hameaux, temps choisi, Sel, AMAP entraîne vers une nouvelle construction sociale plus solidaire.
Un livre bien réjouissant et tout entier dans la voie de la Renaissance du local.

6&7. Et pour les plus distraits, un simple rappel, deux incontournables :

‘’Le pari de la décroissance’’

de Serge Latouche

Comment ne plus être progressiste sans devenir réactionnaire ?

de Jean-Paul Besset

Tous deux parus aux éditions Fayard

8. Enfin pourquoi ne pas en profiter pour découvrir ou redécouvrir l’excellent manifeste

" Peut-on sortir de la folle concurrence ? Petit manifeste à l’intention de ceux qui en ont assez."

d’Ingmar Granstedt paru sur le site de La ligne d’horizon. Il vous est accessible en format PDF à partir du lien suivant : http://grappebelgique.be/article.php3?id_article=331

Bonne lecture

Georges Trussart, administrateur du GRAPPE