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vendredi 4 février 2005 par Pierre Stein
Edito février

Et que vive la planète !!!

 

Et que vive la planète !!!

Le protocole de Kyoto une nécessité minimaliste et rien de plus !

Ce 16 février 2005 entrera officiellement en vigueur le « célèbre » protocole de Kyoto. Il est à ce jour le seul accord existant pour lutter contre les changements climatiques issus de l’activité humaine. Ne boudons pas notre plaisir mais gardons-nous bien de crier victoire !
Préserver son image de bon citoyen soucieux de l’environnement est une chose, protéger les intérêts des pays hautement industrialisés dans une économie planétaire hyper compétitive en est une autre, opérer les changements nécessaires et en contrôler leur réalité en est encore une autre !!!

A la suite de Claude Villeneuve (biologiste et professeur à l’Université du Québec de Chicoutimi), nous serions tentés d’affirmer que : « L’accord de Kyoto est un test pour mettre en place des outils, et personne de sérieux n’a jamais imaginé que cet accord allait changer quoi que ce soit ».

Est-il raisonnable dès lors de se réjouir ? Et de quoi nous réjouissons-nous ? De l’aveu de ce qu’un modèle de développement a réussi à dévaster en 150 ans le fragile équilibre d’un écosystème ayant mis plusieurs centaines de millions d’années à se constituer ? Abandonnons-nous l’idée même de la sacro-sainte économie de marché ? Considérons-nous qu’il est intolérable de prôner plus longtemps notre adhésion à un projet de développement basé sur le gaspi et l’individualisme. Modifions nous en profondeur nos types d’activités, nos comportements ?

Rien ne change fondamentalement et comment pourrait-il en être autrement puisque l’idée de surcroissance économique, dont il n’est pas moins piquant de relever qu’elle se conjugue elle aussi aujourd’hui en terme de « croissance économique durable », n’est nullement remise en question, bien au contraire. Mondialisation, libre concurrence, flux des capitaux, coûts de production, flexibilité, productivité, ... restent plus que jamais omniprésents.
Kyoto risque d’être aux écologistes d’aujourd’hui ce que les luttes sociales ont été pour les socialistes d’hier : une nécessité de court terme, une gestion indispensable des conséquences d’un système pervers auquel nous imposons certes quelques contraintes ... « collatérales », oserions-nous dire. Avec Grappe, nous voulons résister à avaler cette couleuvre !

Aujourd’hui, beaucoup tentent de réduire le projet écologiste à ces quelques concepts « délavés ». Nous devons affirmer que l’Ecologie ne peut se confondre, ni à un développement durable, et pas davantage à une croissance soutenable *. L’action de l’Ecologie porte sur la sauvegarde de la diversité de nos sociétés, de nos cultures, de nos systèmes d’épanouissement et de bien-être, de nos solidarités, de nos milieux de vie ... et ceci dans le respect de l’équilibre planétaire global.

Pierre Stein

* Pour l’ensemble de notre terre, s’entend. Il va de soi que la notion de croissance doit s’apprécier différemment pour les pays riches industrialisés et les pays nommés pudiquement.

« sous-développés » ou « en voie de développement ».