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lundi 6 novembre 2006 par Michèle Gilkinet
Edito novembre

5 500 milliards d’Euros par an. Au moins.

 

Que retenir des dernières élections communales ? Certainement qu’elles se sont avant tout centrées sur la gestion de la cité sans proposer de projet de vie. D’un débat à l’autre cela a été « toudi du même. » Il s’agissait avant tout et seulement de bien gérer la commune. Entendez d’assurer une gestion saine et correcte des finances et un maximum de sécurité sur le territoire communal. Les autres débats, même celui qui concerne les économies d’énergie pourtant central aujourd’hui, ont été très souvent relégués à la marge. Des projets de vie en commun, il n’en a été quasi nulle part question comme si ce point ne concernait pas le niveau local.

Bien sûr, les affaires, carolos notamment, y ont été pour beaucoup. Et bien sûr il ne viendrait à personne l’idée de nier qu’à la base même de toute action politique on doit trouver et une bonne gestion des finances communales et la sécurité. Imaginez un candidat qui ferait sa promotion avec ce slogan : Votez pour moi car avec moi la sécurité s’envolera tout comme le budget communal !

Mais s’arrêter là ? Quelle pauvreté politique ! Quel manque de conscience des enjeux qui sont pourtant à notre porte ! On comprend mieux pourquoi bon nombre de personnes se désintéressent de la vie politique.

La multiplication des crises politique, économique, sociale, écologique et institutionnelle, impose pourtant des choix clairs. Et des choix qui impliquent également le niveau local.

Une évaluation économique vient de jeter un froid dans le monde des grandes multinationales, et de faire passer un frisson dans le dos des boursiers mondiaux. Sir Nicholas Stern, économiste anglais, vient de chiffrer les effets financiers d’un réchauffement climatique analogue à celui que prévoit désormais "le consensus des experts" : avec un coût supérieur à 5 500 milliards d’Euros par an, les conséquences de ce phénomène climatique sur l’économie mondiale pourraient être catastrophiques, plongeant les 5 continents dans une profonde et durable récession.
De quoi faire réagir les élites économiques et politiques de la planète ? (1)

Après Al Gore et sa vérité qui dérange, voilà donc Sir Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la banque mondiale, qui sonne à son tour l’alerte. La conclusion est simple : si nous ne faisons rien, et continuons le "business as usual", nous risquons de perdre au moins 5% de PIB chaque année. Ce seront les pays les plus pauvres qui en souffriront le plus tôt et le plus. Or, stabiliser les émissions de gaz à effet de serre ne coûterait que 1% du PIB. Il est donc beaucoup plus coûteux de ne rien faire.

Nairobi accueille aujourd’hui et pour une dizaine de jours des milliers de délégués, scientifiques, militants associatifs, représentants gouvernementaux, réunis autour de l’enjeu écologique majeur de ce siècle : le réchauffement climatique. Espérons que le film d’Al Gore et que le rapport Stern feront plus que les années de militantisme que nous avons dernière nous et qu’enfin des mesures à la hauteur des enjeux seront prises.

Le changement climatique renforce les inégalités planétaires, met en péril la sécurité alimentaire et la santé de millions de personnes, menace de disparition des millions de kilomètres carrés de terres inondables ou insulaires condamnant des populations entières à émigrer. Sa cause essentielle, c’est la course à la croissance à travers la mondialisation économique.

Lutter contre la croissance économique à tout va s’impose donc à nous d’une manière évidente et urgente. Il nous faut construire une nouvelle mondialisation culturelle et institutionnelle, promouvoir la relocalisation des activités, défendre des services publics renouvelés et sous contrôle démocratique, et avancer vers une économie réellement solidaire.

Ce travail, il nous appartient de le réaliser et de le commencer au niveau local

Pour participer concrètement au sauvetage de la planète, combattre une mondialisation destructrice, nous libérer du pétrole, le GRAPPE propose de relocaliser l’économie, de faire renaître les villages et les quartiers, de retrouver la maîtrise de notre vie. Pour montrer combien nos propositions s’ancrent dans le concret et sont réalisables à partir d’une action citoyenne et politique au niveau local, nous vous proposons cinq exemples à suivre.

- Un éco-quartier exemplaire : le quartier Vauban à Fribourg (All.).

- L’éolienne citoyenne de Houyet.

- La coopération agriculteurs-consommateurs via les AMAP (Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne - France).

- La redécouverte de la culture du chanvre, la plante à tout faire.

- Un biocarburant agricole écologique : l’huile brute de colza.

Tous ces exemples sont détaillés sur notre site à la page suivante http://www.grappebelgique.be/article.php3?id_article=236

Nous vous encourageons à les copier, les développer et à en inventer d’autres.

Alors en avant, pour les 6 années à venir ?

Faites-nous part de vos expériences.

Michèle Gilkinet, présidente du GRAPPE.

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(1) voir : http://www.afrik.com/article10650.html