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vendredi 20 janvier 2012 par Michèle Gilkinet
Edito de janvier

On y est

 

Le tournant annoncé (1) est au rendez-vous et c’est la cacophonie. Que faire ? Où courir ? Quelles mesures prendre pour enrayer la crise qui s’étend maintenant dans tout le monde occidental et particulièrement en Europe ? Les émissions s’enchainent aux émissions, les analyses aux analyses, les bouquins aux bouquins, … pour constater que le grand consensus est rompu et qu’en définitive nos « élites » ne savent plus trop quoi faire. Sauf guetter les agences de notation.

Les vieilles recettes leur sont maintenant inaccessibles. L’endettement a tué l’endettement. La croissance a tué la croissance. C’est la récession et les conseillés habituels y vont chacun de leur recette : qui ceci, qui cela, mais sans plus aucun consensus et tous sur leur garde. Même les lobbies gagnants actuels du système croissanciste ont de plus en plus de mal. Ne les voit-on pas intervenir avec des entourloupes de plus en plus grosses pour maintenir leurs privilèges le plus longtemps possible ? Aujourd’hui, ce n’est même plus dans la nuance que les choses se font. Ce n’est pas pour rien que l’indignation, et à juste titre, grandit.

Pendant ce temps-là, les systèmes écologiques poursuivent leur descente aux enfers. Comme si l’environnement était un détail ou un luxe. Comme si nous pouvions nous en passer. Comme si nous pouvions attendre le retour de la croissance pour nous en préoccuper. Le GIEC par exemple a beau crier au casse-cou, ses appels ne sont pas entendus.

Il n’est décidément pas simple de changer de paradigme et c’est dans la douleur et sous la contrainte que les choses vont se faire.

Malheureusement...

Nos protestations n’ont pas été entendues et ne le sont toujours pas (2).

Alors ? Abandonner ? Baisser les bras ? Se morfondre ? S’enterrer dans son lit en attendant que les choses se passent ?

Non ! Certainement pas ! Aujourd’hui encore plus qu’hier nous devons nous mettre en route et construire ce changement. Aussi vite que nous le pourrons, avec tous les moyens que nous avons à notre portée, même si ceux-ci sont très réduits. Nous ne devons pas nous inquiéter de cela. Car la chance que nous avons, c’est que c’est au niveau local que nous devons agir en priorité et que bon nombre de travaux nous sont d’ores et déjà accessibles, comme le montre à qui veut bien y être attentif la multiplication des entreprises solidaires. Comme le montrent tous ces jeunes qui, dépassant l’indignation, se mettent d’ores et déjà en mouvement. Comme le montrent ces voix qui s’élèvent au plan international pour indiquer un chemin non seulement praticable dès aujourd’hui mais encore le seul à même de préserver ce qui fonde notre Humanité : une réelle solidarité dans un environnement préservé. A cet égard, je vous propose de prendre le temps de découvrir deux réflexions qui m’ont beaucoup apporté ces derniers jours et qui consolident mon engagement :

Dette publique, crise économique et décroissance heureuse

André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle

Nous aurons plein d’occasions pour discuter de tout ceci cette année. Je m’en réjouis déjà.

D’ici là bonne route.

M. Gilkinet


Notes :

1 Voir nos éditos antérieurs

2 Voir par exemple notre lettre aux nouveaux parlementaires