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lundi 1er novembre 2010 par Michèle Gilkinet
Edito de novembre

On n’a plus le droit de se taire !

 

Copenhague, Nagoya, Cancún, les conférences internationales se suivent et se ressemblent tant les intérêts financiers et économiques y prédominent sur les droits à un environnement sain. Lorsque l’on parle de-ci de-là de ces constats dans les sphères de décision, chacun semble les admettre tout en se repliant sur son pré carré pour justifier sa léthargie : oui nous avons raison mais trop tôt, trop tôt car le public ne « serait » pas prêt à entendre les changements qui s’imposeront à nous.

Trop tôt ? Alors que le climat s’emballe et que la biodiversité est mise à mal au point qu’on en vient à nous dire que maintenant c’est notre espèce elle-même qui est en danger ?

Trop tôt ? Alors que l’armée allemande nous annonce le pic du pétrole autour de 2010 ?

Trop tôt ? Alors que l’on constate depuis plusieurs années l’effondrement des colonies d’abeilles qui assurent la pollinisation dont la plus grande partie de notre nourriture dépend ?

Trop tôt ? Alors que tant pour lutter contre le changement climatique que pour préserver la biodiversité on en vient à livrer ce qu’il y a de plus précieux pour assurer notre existence – notre environnement et ses dons comme la biodiversité- aux sphères de la finance et aux potentats de l’économie globalisée (1) ?

Trop tôt ? Car il faudrait attendre que le citoyen lambda auquel on ne dit rien ou très peu, car c’est trop tôt, soit non seulement informé mais prêt aux changements qui l’attendent ?

Trop tôt ? Mais cela fait plus de trente ans maintenant qu’on dit que c’est trop tôt ! Le dira-t-on jusqu’au moment où il sera trop tard ?

Il viendra un temps où les comptes devront être mis sur la table si pas devant un tribunal international que certains commencent à envisager à haute voix (2) du moins devant les enfants qui vraiment auront le droit de nous accuser (3).

Tant l’appel à la refondation d’un mouvement écologiste fort lancé par Paul Lannoye au sein du parti Écolo en 2005 que notre lettre « L’horloge écologique n’accepte plus de tergiversation (4) » de 2007 gardent donc toute leur actualité.

Nous n’avons plus le droit de nous taire et la mobilisation c’est au carré que nous devons l’entreprendre maintenant. Elle est en route. Les réseaux s’articulent les uns aux autres. Poursuivons sans détours cet indispensable et patient travail la tête haute.

Michèle Gilkinet


Notes

(1) Voir notamment Nagoya le bal des financiers sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/10/21/nagoya-le-bal-des-financiers_1428983_3232.html

(2) Comme notamment Michel Tarrier. Voir http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1704

(3) Nos enfants nous accuseront : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nos_enfants_nous_accuseront

(4) http://grappebelgique.be/article.php3?id_article=280