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lundi 19 avril 2010 par Réseau "Sortir du nucléaire"
Ceci est un article externe qui ne reflète pas la position officielle du GRAPPE

Déchets nucléaires : le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce un nouveau tour de passe-passe

 

Réseau "Sortir du nucléaire"

http://www.sortirdunucleaire.org/

Communiqué de presse du jeudi 1er avril 2010

Déchets nucléaires : le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce un nouveau tour de passe-passe

Après les déclarations d’Anne Lauvergeon, annonçant qu’AREVA travaille à un nouveau réacteur capable d’éliminer les déchets nucléaires (*), le Réseau se permet de rappeler qu’il s’agit une nouvelle fois d’un effet d’annonce pour éviter de parler des vrais problèmes.

Mme Lauvergeon ne précise pas que ce projet de réacteur ne concerne qu’une toute petite partie de la "problématique déchets". Il ne résout en rien l’étendue de celle-ci, personne ne doit s’y tromper.

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) (**) aurait rapidement indiqué que ces nouveaux réacteurs ne pourraient en aucun cas traiter les déchets déjà engendrés.

Pour le Réseau sortir du nucléaire, l’annonce est trop belle pour être honnête. Elle ne doit pas masquer les enjeux que représentent les déchets pour la survie de la filière électro-nucléaire.

Oui, la question des déchets demeure entière. Près de 50 ans d’exploitation de l’énergie nucléaire et nul pays au monde n’a trouvé de solution pour gérer de façon responsable les produits de l’aval du cycle nucléaire.

La quantité des déchets, leur complexité ont longtemps été cachés et minimisés à la population française. Mme Lauvergeon n’hésite pas à parler en terme de "superficie d’un terrain de foot" ou à comparer leur volume à ceux des déchets ménagers.

Aujourd’hui les gens ont pris la mesure de l’impasse qu’ils représentent. En effet, la seule "méthode" pour gérer ces déchets, c’est le stockage en surface ou l’enfouissement, en attendant que leur radioactivité décroisse. Sur des périodes allant de centaines à des millions d’années, en contaminant définitivement de larges territoires. Les sites des 26 centrales, La Hague (Manche), plusieurs départements du Grand Est sont déjà concernés.

Alors que de nombreux scientifiques affirment que la transmutation/séparation tant rêvée est une coûteuse utopie,
alors que chaque jour accroît la production de déchets dangereux pour les générations à venir, alors que le démantèlement qui s’annonce lèguera des milliers de tonnes de produits radioactifs, quels intérêts couvre cette annonce ?

Comme tout au long de son histoire, faute de pouvoir gérer les déchets, AREVA tente encore de gérer la communication au bénéfice de la survie de la filière électro-nucléaire.

Bien évidemment, la seule solution qui vaille reste bien entendu la fermeture d’urgence de la filière atomique.

Contact presse :

Corinne François : 06 86 74 85 11


NOTES

(*) La présidente du directoire d’Areva, Anne Lauvergeon a déclaré, selon le Times du 22 mars 2010, que son groupe a l’intention de développer un nouveau type de réacteur capable d’éliminer les déchets nucléaires. Le groupe nucléaire français a pour projet de développer un réacteur capable de détruire les actinides, soit les isotopes d’uranium hautement radioactifs qui constituent les déchets produits lors de la fission nucléaire à l’intérieur d’un réacteur.

’La question des déchets demeure. A l’avenir, nous serons capables de détruire les actinides en les faisant disparaître dans un réacteur spécial’, a expliqué au Times Anne Lauvergeon. ’Nous pouvons déjà le faire en laboratoire. Avec l’aide la recherche et développement, nous allons nous attaquer à ce problème’, a-t-elle ajouté.

(**) Selon développement durable.com