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jeudi 3 décembre 2009 par Michèle Gilkinet, Paul Lannoye

Le nucléaire pour contrer les gaz à effet de serre ? Le lobby du pire vient de gagner une étape au Parlement européen, avec l’aide des écologistes !

 

GRAPPE asbl, Communiqué de presse du jeudi 3 décembre 2009

Le nucléaire pour contrer les gaz à effet de serre ? Le lobby du pire vient de gagner une étape au Parlement européen, avec l’aide des écologistes !

Quelle mouche a donc piqué les eurodéputés verts au Parlement européen, et notamment nos deux élus belges écolos, Isabelle Durant et Philippe Lamberts ?

C’est la question qu’on est en droit de se poser à l’issue de la publication des votes sur la Motion for a resolution - Preparation of the Copenhagen summit on climate change en d’autres termes la motion que le parlement européen a voté le 25 novembre 2009 en préparation de Copenhague et que les élus écologistes ont approuvée à l’exception notoire de José Bové et de Michaël Tremopoulos (élu grec). .

En effet cette résolution comporte la phrase suivante : "Une économie à faible intensité de carbone conférera à l’énergie nucléaire un rôle important dans le bouquet énergétique à moyen terme." Certes, dans un premier temps, le texte ne comportait pas ce passage qui a été ajouté par amendement proposé par le PPE (la droite européenne). Mais cet amendement ayant été intégré ne convenait-il pas de s’opposer au texte ? C’est en tout cas notre avis.

Alors que, dans la préparation du sommet de Copenhague, les manœuvres en faveur du nucléaire se multiplient, le vote en faveur de cette résolution cautionne le retour du nucléaire. C’est donc une faute politique grave ! Incohérente par rapport aux positions historiques défendues par les écologistes. Elle entretient – au prix inadmissible d’accepter le nucléaire comme énergie d’avenir – l’illusion qu’il est possible de sauver le climat en adaptant le système productiviste actuellement répandu sur toute la planète alors qu’il faut en sortir.

Nous rappelons que le

* Le nucléaire est totalement inapproprié pour réduire les émissions de gaz à effet de serre : sa contribution ne peut être que très faible et très inférieure à celle des économies d’énergie et des énergies renouvelables. Or le nucléaire est très coûteux et prive de financement les vraies solutions. Y recourir, c’est donc compromettre la mise en place des technologies propres et sans risques.

* Le nucléaire est une technologie dangereuse et polluante. Le risque d’accident majeur est bien réel. Il s’accroit notamment avec le nombre de réacteurs, en particulier quand il s’agit de vieux réacteurs dont on prolonge la durée de vie. Les rejets de radioactivité constituent un problème sanitaire grave, et la gestion des déchets radioactifs demeure un casse-tête sans solution.

L’actuel Protocole de Kyoto exclut à juste titre le nucléaire des solutions de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’introduire à Copenhague dans le prochain accord sur le climat constituerait une régression dangereuse !

Lorsqu’un système va dans le mur, il ne faut plus le soutenir mais changer de direction. Ce changement passe avant tout par la relocalisation économique, l’efficacité énergétique, la sobriété et le développement des énergies renouvelables, toutes mesures qui ensembles peuvent répondre au défi mondial que représente l’objectif d’une réduction des émissions des GES suffisante pour empêcher les dérèglements climatiques.

Pour le Grappe : Paul Lannoye et Michèle Gilkinet

Pour en savoir plus :

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2009-0089+0+DOC+XML+V0//FR&language=FR

n° 36