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samedi 21 mars 2009 par Michèle Gilkinet
Edito de mars

Explorer les autres possibles

 

Explorer les autres possibles, voilà ce que nous avons commencé à faire le 21 février dernier. Nous ? Nous les 800 personnes réunies à l’initiative d’AdOC, Association d’Objecteurs de croissance, autour du thème : choisir la décroissance (1). Choisir la décroissance plutôt que subir les crises de la croissance ! La journée fut forte, créatrice d’échanges et de réflexions, fondatrice de ce que beaucoup nous appelions de nos vœux : la création d’un mouvement politique à même de réunir ceux et celles qui voient dans les initiatives citoyennes qui se multiplient aujourd’hui autant d’espoirs d’emprunter un nouveau chemin à l’opposé de la société consumériste et dévastatrice que nous subissons tous-tes aujourd’hui.

Le chemin est à faire. Et s’il emporte notre enthousiasme, il est malgré tout parsemé d’embuches que nous devrons éviter. Parmi celles-ci, AdOC en a relevé deux : la dépolitisation et la logique de parti qui expliquent pour beaucoup l’absence de force capable de s’opposer à ce qu’on nous présente comme la nécessité implacable de la croissance économique, du productivisme et partant du capitalisme. Ces deux écueils balisent les extrêmes de ce qui est communément appelé « la crise de la représentation ».

En effet, le risque de la dépolitisation est au moins aussi grand que celui qu’il y aurait de s’investir dans une logique de parti. C’est bien pourquoi il convient de parler de mouvement politique. Un des enjeux de la décroissance est bien de réinvestir le champ politique en l’ouvrant pour qu’il sorte de l’écueil dans lequel il s’est enfermé. Michel Diaz a parfaitement décrit cet enjeu. C’est pourquoi je vous propose de lire ou de relire son texte « Un idéalisme politique » que vous trouverez ici :

http://www.objecteursdecroissance.be/doc/UnIdealismePolitique-MichelDias.pdf

Les alternatives à construire relèvent tout autant des pratiques que des idées. C’est une véritable machine à faire et à penser autrement que nous devons imaginer. Ce débat ne concerne pas seulement ceux et celles qui se retrouvent dans l’Objection de Croissance tant il concerne l’organisation même de la société et de ce qui fait sens pour elle. Pas question donc de s’enfermer au chaud entre-soi. Pour réussir la nécessaire conversion de notre société c’est bien publiquement et politiquement que nous devrons porter nos analyses et expériences. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons faire survenir les autres possibles que nous appelons de nos vœux.

A bientôt

Michèle Gilkinet, présidente du GRAPPE


Note

(1) Voir : http://www.objecteursdecroissance.be/